Julien TESSEDE

Le privé s'ouvre aux nouvelles approches de l'éducation.

Lors d'une journée de formation à Aix en Provence sur les nouvelles méthodes d'apprentissage, Julien Tessede, professeur spécialisé de l'école, a présenté la méthode de travail de l'association "Melodys": Travailler ou marcher en rythme, jouer d'un instrument pendant une récitation...

 

 

Article paru dans la provence.com  l

le jeudi 8/12/2016

 

 

La Nativité a accueilli hier près de 180 profs du privé venus se former à de nouvelles méthodes d'apprentissage pour éviter le décrochage scolaire

On ne s'imaginait pas que le changement viendrait de l'enseignement privé... Hier en tout cas, et durant toute la journée, la Nativité a accueilli près de 180 profs et quelques chefs d'établissement venus suivre une journée de formation sur de nouvelles méthodes d'enseignement proposées sous forme d'ateliers : Montessori (pour la plus connue) ; émoticones ; gérer son stress ; gestion mentale ; intelligences multiples ; carte mentale ; classe inversée ; multi malin ; les neurosciences et Melodys (ré-éducation cognitivo-musicale).

A l'initiative de la direction diocésaine d'enseignement catholique Aix-Arles-Digne-Gap, cette journée a débuté par un petit film sur les enfants en difficulté notamment des témoignages d'élèves en souffrance car dysphasiques, dyslexiques... Car la journée avait pour thème : "les enfants à besoin éducatif particulier : expérimenter pour innover."

Les méthodesont toutes été présentées hier par des professeurs d'établissements privés qui les mettent en action depuis déjà des années. Elles ciblent plus particulièrement les enfants en souffrance ayant des difficultés d'apprentissage liées à des troubles cognitifs spécifiques, troubles du langage et des apprentissages... souvent des "dys" mais pas que. Durant l'atelier "emoticones" par exemple, il s'agissait de parler de ses émotions ce qui est loin d'être évident en classe. Grâce à ces figures symbolisant des émotions, il est enfin possible de dire dans quel état d'esprit on se trouve : énervé, stressé, inquiet, découragé, heureux, excité...

"Pour ne pas décrocher"

Plusieurs de ces méthodes ont déjà été testées et "adoubées" par des chercheurs et théseux.

"Ces méthodes de pédagogie différenciée bénéficient à tous ceux qui sont en difficulté dans une classe", rappelle Sylvie Juramy, adjointe pour le second degré à la direction diocésaine Aix-Arles-Digne-Gap. On a déjà organisé des journées pédagogiques sur la dyslexie, les troubles des apprentissages... toujours en lien avec des associations. Il ne faut pas se voiler la face. L'école n'a pas changé depuis le XIXe siècle. On voit très bien que le système ne fonctionne plus. Le cours magistral est remis en question ; rester assis 7h par jour, c'est contre-productif. Les neurosciences le disent. On sait que la concentration des élèves a fortement diminué, il faut les mettre en activité, c'est prouvé scientifiquement. Nous, on est là pour faire le relais avec les professeurs qui ne sont plus un dispensateur de savoir mais un accompagnateur. Le nombre de "dys" a fortement augmenté car on les détecte mieux. De fait, les professeurs sont confrontés à une population très différente. Donc il faut apporter autant de réponses diversifiées à ce public. Tout cela interpelle notre façon d'enseigner. Dans la pratique, on voit que ces enseignements marchent. Les enfants sont moins en souffrance. Le but étant qu'ils ne décrochent pas."

 

Aurélie Féris-Perrin

Écrire commentaire

Commentaires: 0